Retenez bien le nom de Zeekr : cette marque chinoise pourrait bientôt s’imposer dans notre paysage automobile. Le constructeur a fait partir pour l’Europe sa première cargaison de SUV électriques Zeekr X, et ils devraient bientôt être mis en vente aux Pays-Bas et en Suède.

Il y a un mois, Zeekr avait déjà envoyé en Europe une cargaison de voitures électriques Zeekr 001, pour commencer à implanter la marque sur le continent. C’est Geely, le constructeur chinois, qui est derrière ces manœuvres : il souhaite concurrencer les constructeurs européens sur leur propre terrain, comme le font déjà les chinois MG et BYD, et le vietnamien VinFast.

Le constructeur a posté sur son compte Weibo une vidéo montrant la fabrication des Zeekr X et leur chargement sur un cargo en direction de l’Europe.

Les livraisons de Zeekr X devraient commencer d’ici la fin de l’année, et coïncideront avec l’ouverture de concessions automobiles de la marque aux Pays-Bas et en Suède. Le constructeur a déjà annoncé qu’il souhaitait s’implanter dans 6 pays européens d’ici 2024. Il n’a cependant pas dévoilé de quels pays il s’agissait.

Le Zeekr X est le cousin du petit SUV électrique Volvo EX30 : il est produit à partir de la même plateforme SEA (Sustainable Experience Architecture), qui est développée par Geely.

Les spécifications du Zeekr X

Le SUV est proposé dans deux versions :

  • la version Long Range, qui dispose d’une autonomie de WLTP de 445 km, au prix de 44 990 €.
  • la version Privilege AWD, avec 4 roues motrices, d’une autonomie WLTP de 425 km, au prix de 49 490 €.

Les deux versions sont alimentées par une batterie Nickel-Manganèse-Cobalt (NMC) de 66 kWh

Le Zeekr X est donc légèrement plus cher que le Volvo EX30, mais dispose de bien plus d’autonomie dans sa version de base : en effet, l’EX30 est proposé à partir de 37 500 € pour une autonomie de 344 km.

Le lancement du Zeekr X en europe contribue à l’offensive chinoise

Les prix européens du Zeekr X sont par contre bien plus élevés qu’en Chine : le SUV électrique débute là-bas à 189 800 Yuans, soit 24 300 €. Si le constructeur parvient à écouler ses véhicules en Europe, nul doute que ses marges seront élevées, même s’il faut prendre en compte les coûts de transport et de marketing associés.

Voilà qui va encore renforcer la présence de Geely en Europe : en plus de Zeekr et de Volvo, le groupe possède également les marques Polestar et Lotus.

En France, le développement de Zeekr pourrait néanmoins être freiné par l’arrivée du nouveau bonus écologique, qui est en cours d’élaboration par le gouvernement. Les coûts de transports et les émissions totales de CO2 issues de la fabrication du véhicule seront désormais prises en compte, ce qui pourrait limiter l’éligibilité des voitures chinoises au bonus, et donc faire augmenter leurs prix.

Volkswagen va fermer son usine de Dresde après 20 ans de production, dans le but de réduire ses coûts. Il s’agit d’une preuve supplémentaire que l’entreprise connaît actuellement des difficultés, notamment pour vendre ses voitures électriques.

L’information a été révélée par Automobilwoche, un site allemand reconnu pour son expertise dans l’industrie automobile, et qui est proche de sources internes à Volkswagen.

En 2022, l’usine avait produit 6500 voitures électriques ID.3. Le site emploie plus de 300 personnes, qui seront transférées sur d’autres sites de Volkswagen, notamment l’usine de Zwickau.

Même si les volumes de production du site de Dresde étaient relativement faibles comparées à d’autres usines de Volkswagen, la décision de le fermer est hautement symbolique. En effet, cette usine avait initialement été conçue comme une vitrine technologique par Ferdinand Piech, l’ancien PDG. Elle était surnommée « l’usine de verre », car les clients et les partenaires du constructeur pouvaient y observer la fabrication des voitures lorsqu’ils réceptionnaient leurs véhicules.

Hier, Volkswagen avait également annoncé licencier 269 salariés dans son usine de Zwickau. Le sort de 2000 employés supplémentaires serait également en suspens : leurs contrats à durée déterminée pourraient ne pas être renouvelés. Le site de Zwickau constitue le fer de lance du groupe pour la production de voitures électriques : en 2023, il produisait jusqu’à 7300 voitures par semaine.

Volkswagen fait face à une concurrence accrue

La raison pour laquelle Volkswagen est contrainte de réduire la voilure est simple : le groupe rencontre une concurrence de plus en plus féroce dans l’électrique, notamment de la part de Tesla, mais aussi de constructeurs chinois comme BYD, Nio et Xpeng.

C’est d’ailleurs en Chine que le groupe allemand réalisait la majeure partie de ses bénéfices, mais sa domination sur ce marché est aujourd’hui remise en cause.

Les voitures électriques chinoises sont d’une qualité équivalente à celles produites par Volkswagen, mais elles possèdent de meilleures autonomies à prix comparable.

BYD, par exemple, a lancé ses opérations en Europe en juin dernier. Le constructeur chinois propose son SUV Atto 3 (nom européen du BYD Yuan Plus) à 43 690 €, avec une autonomie de 420 km. Le SUV ID.4 de Volkswagen, de son côté, est vendu à partir de 44 000 €, mais l’autonomie n’est que de 345 km.

L’enquête européenne récente liée à la fermeture de l’usine de Dresde ?

L’Union Européenne a récemment lancé une enquête sur les subventions versées par l’Europe aux voitures électriques chinoises : il est ainsi probable que le vieux continent décide d’ici peu d’appliquer des droits de douane de 10 à 20% sur les voitures électriques pour contrer cette concurrence étrangère.

Cette enquête est sans doute étroitement liée à la décision de Volkswagen de fermer son usine de Dresde : l’automobile représente le cœur de l’industrie allemande, et l’Europe n’aurait pas intérêt à ce que celle-ci disparaisse au profit de l’industrie chinoise, comme cela avait par exemple été le cas pour les panneaux solaires.

Les syndicats de l’automobile sont d’ailleurs très puissants outre-rhin, et il faut donc s’attendre à ce que la fermeture de cette usine ait des conséquences dans la politique allemande et européenne.

Ceux qui prédisaient la faillite de Tesla se sont lourdement trompés. L’entreprise s’impose de plus en plus comme un mastodonte de la construction automobile : Tesla vient d’annoncer avoir produit sa 5 millionième voiture électrique.

L’entreprise d’Elon Musk a divulgué cette information via un tweet qui fera date. Elle en profite pour remercier tous ses clients pour leur soutien :

Cela ne fait pourtant que 6 mois que Tesla avait annoncé avoir produit 4 millions de véhicules au total, preuve que les cadences de fabrication s’accélèrent.

Pour passer de 3 à 4 millions, il avait fallu 7 mois seulement. Mais aux origines de l’entreprise, les volumes de voitures sortant des usines étaient bien plus faibles : en effet, Tesla avait mis 12 ans pour produire son premier million de voitures électriques.

L’essentiel de la production de Tesla est actuellement constitué de modèles 3 et Y, produits dans les usines de Fremont, Shanghai, Berlin et Austin. Les modèles S et X, quant à eux, sont en perte de vitesse : ils datent déjà respectivement de 2012 et 2015.

L’annonce d’aujourd’hui fait écho à un succès similaire pour BYD : le constructeur chinois avait également annoncé début août avoir produit son 5 millionième véhicule électrique. On pourrait donc croire que BYD a de l’avance sur Tesla, mais c’est sans compter le fait qu’une grande partie des véhicules que le constructeur produit sont des hybrides. Tesla, quant à elle, n’a toujours produit que des voitures 100% électriques.

Tesla veut encore accélérer la production dans les prochaines années

La route est encore longue pour l’entreprise d’Elon Musk. Elle a prévu de mettre en service courant octobre son pickup Cybertruck, et de le produire à 375 000 exemplaires par an. Le sixième million devrait ainsi être atteint encore plus vite.

D’ici quelques années, Tesla veut aussi lancer la production d’un véhicule électrique très abordable, destiné à être produit en masse à plus de 5 millions d’exemplaires. Cette voiture n’a pas encore été annoncée, mais de nombreux observateurs estiment qu’elle portera le nom de Model 2 et qu’elle sera la voiture à moins de 25 000 € que promet Elon Musk depuis des années.

Il faudra au moins cela pour rendre l’électrique accessible à tous : la part de marché des voitures électriques n’est que de 17% actuellement en France, il faudra donc produire énormément de véhicules à moindre coût pour remplacer définitivement les voitures thermiques, qui causent d’énormes émissions de CO2 chaque année.

Les chiffres d’immatriculations pour la période de janvier à juillet 2023 sont tombés aux Etats-Unis, et le résultat est sans appel : Rivian accroît sa domination sur les startups concurrentes comme Lucid, Vinfast et Fisker.

Le constructeur des 4×4 électriques R1S et R1T a enregistré 18 359 immatriculations sur la période, d’après des chiffres compilés par le site américain Automotive News. Elles sont réparties entre 10 748 pour le R1S, la version SUV du véhicule, et 7611 pour le R1T, la version pickup.

Rivian se place donc en 8ème position des immatriculations de véhicules électriques, juste derrière Volkswagen, mais loin derrière Tesla qui prend le large avec 390 377 immatriculations. La part de marché de Rivian pour les véhicules électriques atteint ainsi 2,8%.

Cette 8ème place impressionne pour une startup, et n’est pas sans rappeler le parcours de Tesla, qui avait su augmenter ses volumes de production dans des délais très courts. L’entreprise d’Elon Musk avait connu une success story aujourd’hui reconnue de tous.

Lors d’une conférence donnée ce jeudi à la banque Morgan Stanley, le PDG de Rivian, RJ Scaringe, a annoncé que son entreprise venait de « passer un cap ». Début août, Rivian avait publie des résultats très largement au-dessus des attentes, avec notamment une marge brute en hausse de 50%. Le constructeur s’attend maintenant à produire 52 000 véhicules sur l’année 2023, un chiffre qui n’est plus si éloigné des acteurs majeurs du secteur.

Rivian est loin devant Lucid, Vinfast et Fisker en immatriculations

Si la demande pour les R1S et R1T de Rivian semble importante, c’est loin d’être le cas pour les modèles des startups de véhicules électriques concurrentes.

Lucid ne se place qu’en 18ème position avec 3789 immatriculations. Elle peine à vendre sa voiture électrique Lucid Air, qui souffre de la concurrence des modèles S et 3 de Tesla.

Vinfast, la startup vietnamienne récemment implantée aux Etats-Unis, est très loin derrière avec seulement 170 immatriculations. Ce chiffre paraît incroyable pour une entreprise qui vient d’atteindre en bourse une capitalisation de 40 milliards de dollars, soit presque autant que Volkswagen, qui produit pourtant des centaines de milliers de voitures chaque année. Vinfast fait donc sans aucun doute l’objet d’une bulle spéculative.

Pour Fisker, le constat est similaire malgré une valorisation plus faible de 2,4 milliards de dollars. La startup n’enregistre qu’un chiffre ridicule de 37 immatriculations pour les six premiers mois de 2023, ce qui souligne les problèmes de montée en cadence qu’elle connaît pour son SUV Fisker Ocean.

L’avenir de Rivian dépendra notamment du Cybertruck

Rivian pourrait donc s’imposer d’ici peu comme l’un des acteurs majeurs du véhicule électrique aux Etats-Unis et dans le monde. Les prochains mois seront déterminants, et peut-être publiera-t-elle d’ici peu son premier bilan financier bénéficiaire. Son cours de bourse pourrait alors s’envoler, comme cela avait été le cas pour Tesla.

La sortie du Cybertruck sera également un élément à prendre en compte pour l’avenir de Rivian : il sera un concurrent majeur des R1T et R1S, et pourrait changer la donne s’il connaît le même succès que les autres véhicules produits par Tesla.

Le Powerwall arrivera-t-il un jour dans l’hexagone ? Tesla vient de lancer le Powerwall 3, la dernière version de son système de batterie domestique, mais il est toujours impossible de l’acheter en France.

L’entreprise d’Elon Musk a publié les caractéristiques de cette nouvelle version. Le principal changement concerne la puissance électrique que le Powerwall peut fournir : elle est multipliée par deux, et passe de 5,8 kW à 11,5 kW.

Cette amélioration permettra aux utilisateurs de brancher des appareils de plus grande puissance lors d’une coupure d’électricité. Mais ils pourront également rendre plus d’électricité au réseau lorsqu’il deviendra intéressant d’en revendre, notamment lors des pics de consommation.

La capacité de la batterie, quant à elle, ne change pas : elle est toujours de 13,5 kWh, soit l’équivalent d’un quart de la capacité d’une voiture électrique.

Le prix du Powerwall 3 n’a pas été révélé, mais il sera sans doute comparable à celui des versions précédentes, qui étaient vendues à partir de 11 500 $, soit 10 700 €.

Voici la fiche technique du Powerwall 3 :

L’autre nouveauté majeure sur le Powerwall 3 est le fait qu’il contient un onduleur sur lequel il est possible de brancher 6 panneaux solaires simultanément. Cela permettra de transmettre directement au réseau électrique l’énergie fournie par des panneaux solaires, avec une efficacité de plus de 97%.

Le Powerwall +, l’une des versions précédentes, comportait déjà un onduleur, mais celui-ci ne permettait de brancher que 4 panneaux solaires. Le Powerwall 2, quant à lui, devait forcément être associé à un onduleur externe.

Par contre, il ne sera plus possible d’utiliser le Powerwall 3 avec un onduleur d’une autre marque, comme c’était le cas auparavant.

Tesla n’a toujours pas prévu de vendre son Powerwall en France

On regrette que les consommateurs Français n’aient toujours pas accès au Powerwall malgré l’arrivée de cette version 3. En effet, le Powerwall permet à des milliers d’utilisateurs dans le monde, et notamment aux Etats-Unis, de stocker l’énergie verte qu’ils produisent.

Le Powerwall permet à ses clients d’économiser des milliers d’euros sur leur facture d’électricité, en revendant l’excès d’énergie qu’ils produisent aux fournisseurs ou directement à l’état lorsque celui-ci rachète l’électricité à des prix avantageux.

Récemment, un célèbre youtubeur avait même révélé payer 0 € d’électricité sur un an, en combinant des powerwalls avec une toiture solaire Tesla Solar Roof. Le Solar Roof n’est d’ailleurs pas non plus disponible en France pour l’instant.

Espérons que le Powerwall arrivera bientôt sur le marché français. Cela pourrait éviter les éventuels blackouts tant redoutés par le gouvernement en période hivernale, grâce à l’énergie réinjectée sur le réseau par les utilisateurs en période de pic. Cela serait également un bon moyen de développer l’énergie solaire domestique, dont les coûts sont toujours élevés à l’heure actuelle.

Waymo vante souvent la fiabilité de son système de conduite autonome, mais c’est désormais prouvé : d’après une étude, les voitures autonomes Waymo sont plus sûres que celles conduites par des humains.

L’entreprise vient de publier les résultats d’une recherche menée en partenariat avec Swiss Re, l’un des principaux acteurs mondiaux de la réassurance. Elle est basée sur les données récoltées par les voitures Waymo sur plus de 6 millions de kilomètres, qu’elles ont parcouru en mode entièrement autonome.

Le verdict est sans appel : sur cette distance cumulée pourtant faramineuse, parcourue dans les villes de Phoenix et de San Francisco, aucun blessé n’a été signalé.

Mieux encore : lors des inévitables incidents qui se sont produits durant la période étudiée, les voitures Waymo ont causé 76% de dépôts de plaintes pour dégâts en moins, par rapport à des voitures conduites par des humains.

Les données utilisées par Swiss Re pour étudier les dégâts causés par des humains sont basées sur plus de 600 000 plaintes et 200 milliards de kilomètres parcourus, on peut donc considérer qu’elles sont extrêmement fiables.

Les véhicules autonomes Waymo ont récemment reçu leur autorisation pour opérer 24h/24 dans les rues de San Francisco, et les premiers retours des utilisateurs sont unanimes : ces voitures semblent effectivement très fiables.

Les assureurs pourraient gagner des milliards grâce à la fiabillité des véhicules Waymo

C’est la première fois qu’une base de données comprenant des dépôts de plainte est utilisée pour calibrer le niveau de sûreté des véhicules autonomes. Le résultat de cette étude est donc d’une grande importance, car il prouve pour la première fois avec certitude qu’un système de conduite autonome est plus sûr qu’un conducteur humain. Waymo et son principal concurrent Cruise avaient vanté plusieurs fois la sûreté de leurs voitures, mais les preuves n’étaient pas aussi convaincantes que dans cette étude.

On comprend l’intérêt qu’a Swiss Re à examiner la sécurité des voitures autonomes : si les robotaxis et autres véhicules autonomes se généralisaient, cela pourrait faire gagner des milliards de dollars au secteur des assurances. En effet, si ces véhicules sont effectivement plus sûrs, les compagnies d’assurances éviteraient des millions de plaintes et de remboursements, ce qui pourrait conduire à une petite révolution dans le calcul des mensualités payées par les assurés.

On regrette cependant que l’étude ne soit pas indépendante : elle a été menée conjointement avec Waymo, qui avait évidemment intérêt à ce qu’elle démontre la fiabilité de ses voitures autonomes. Mais la participation de la filiale de Google était nécessaire, car c’est elle qui a fourni le jeu de données permettant de comparer avec les conducteurs humains.

Ce résultat inédit pourrait constituer un catalyseur important pour Google : depuis des années, ses filiales « other bets », grâce auxquelles l’entreprise essaie de se diversifier, perdent de l’argent en raison d’investissements très importants. A présent, l’adoption du service de conduite autonome Waymo pourrait s’accélérer, ce qui permettrait enfin à Google de rentabiliser les milliards qu’elle a investis dans cette entreprise.

C’est un revirement étonnant : Tesla vient de rendre payante l’option pour le volant Yoke sur ses modèles S et X. Ce volant ressemblant à un manche d’avion est maintenant proposé au prix de 1000 €, alors que Tesla assurait auparavant qu’il ferait partie de l’équipement de série.

L’option est récemment devenue payante sur le configurateur de Tesla, alors que ce volant était avant proposé gratuitement. Ce n’est pas a première fois que l’entreprise d’Elon Musk change d’avis à ce sujet : le volant Yoke était tout d’abord le seul choix possible, puis Tesla a rajouté une option gratuite pour un volant standard, avant de rendre payante l’option pour le volant Yoke.

Ce changement de stratégie est-il dû au désamour des clients pour ce volant futuriste ? Il avait en tout cas suscité de nombreuses critiques lors de sa sortie, certains utilisateurs ayant signalé qu’il était difficile à utiliser, notamment pour les manœuvres à basse vitesse.

En effet, ce volant Yoke, malgré son apparence soignée, présente un problème lorsqu’il faut effectuer des virages serrés, par exemple pour se garer : le conducteur est obligé de croiser les bras de façon peu pratique. Un problème sérieux pour sur des modèles tels que les S et X, qui sont notoirement connus pour leurs rayons de virages très larges, plus adaptés aux routes américaines qu’aux routes françaises.

De nombreux observateurs pensaient au départ que le volant Yoke était lié à une nouvelle technologie : le drive-by-wire. Ils imaginaient que Tesla était allait bientôt utiliser cette technologie, qui a d’abord fait son apparition dans l’aviation, et permet de contrôler un véhicule sans aucun lien mécanique, ce qui permet de gagner un poids considérable. Et même si Tesla a confirmé qu’elle développait un système drive-by-wire, et même déposé un brevet, elle ne le propose actuellement sur aucun véhicule.

Tesla voit par contre un avantage majeur à ce volant : en plus de son joli design, il permet une meilleure visibilité sur le tableau de bord, car il n’empiète pas sur le champ de vision du conducteur. De plus, il représente un bon moyen de différencier les modèles S et X de leurs équivalents moins onéreux, les modèles 3 et Y.

Un volant Yoke payant, mais des prix en forte baisse

Si Tesla a décidé de proposer le volant Yoke à 1000 €, cela peut également être pour des raisons financières. En effet, le constructeur vient de baisser drastiquement les prix de ses modèles S et X.
La model S coûte désormais 94 900 €, alors qu’elle était à 113 990 € au début de l’année : la baisse est de 17%. De la même façon, la model X, qui coûtait 121 990 € au début de l’année, est maintenant proposée à 99 990 €, soit une baisse de 18%.

Cette baisse de prix était destinée à stimuler la demande pour ces modèles de luxe, qui peinent à se vendre face au succès phénoménal des modèles 3 et Y. Le fait de passer payante l’option pour le volant Yoke est donc peut-être une façon pour Tesla d’augmenter ses marges sur les modèles S et X, et compenser ainsi légèrement cette baisse de prix.

De plus, le volant Yoke est sans doute coûteux à produire pour Tesla : le passer à 1000 € peut donc permettre de rentabiliser l’option, sans quoi l’entreprise perdrait de l’argent en installant des volants Yoke au lieu des volants standards.

Cependant, vu le peu d’enthousiasme qu’a suscité ce volant depuis sa présentation, il est possible que Tesla change une nouvelle fois d’avis, et le supprime totalement des options possibles, pour ne proposer que des volants ronds standards. Cela constituerait un désaveu pour Elon Musk, qui avait assuré à la sortie du Yoke que les modèles S et X ne seraient plus jamais produites avec des volants classiques. La réalité du marché et de la demande l’a sans doute rattrapé.

Un nouvel épisode de la guerre des prix dans l’électrique vient d’avoir lieu en Chine : Volkswagen a décidé de baisser le prix de son SUV ID.4 à 145 900 Yuans, soit seulement 18 500 €.

Cette nouvelle intervient alors que les constructeurs étrangers font face à une pression de plus en plus forte de la part des marques chinoises, qui proposent des tarifs agressifs pour leurs véhicules électriques et menacent d’éjecter les constructeurs historiques de ce marché clé.

Le prix de 18 500 € pour le Volkswagen ID.4 interpelle, car lorsque Volkswagen avait lancé ce véhicule en Chine en janvier 2021, il était proposé à 193 900 Yuans, soit 24 700 €. Le prix a donc baissé de 26% en moins de trois ans, ce qui est inhabituel pour un véhicule aussi récent.

Volkswagen avait déjà appliqué des baisses de prix avec succès

Ce n’est pas la première fois que Volkswagen applique cette stratégie de baisse des prix dans l’empire du Milieu : en août, la marque avait déjà baissé le prix de son ID.3 à un plus bas historique de 15 900 €. Cette opération lui avait permis d’écouler 10 000 ID.3 très rapidement.

Volkswagen espère donc réitérer ce succès avec son plus gros modèle ID.4. Cependant, on peut se demander si avec un prix aussi bas, le constructeur allemand pourra vraiment rentabiliser ses ventes. En effet, en France, l’ID.4 est proposé à partir de 39 400 €, soit 113% plus cher que le nouveau prix proposé en Chine. Même si les prix chinois sont souvent plus bas que ceux pratiqués en Europe grâce à des coûts de fabrication plus faibles, il paraît difficile de justifier une telle différence.

D’après Volkswagen, cette promotion ne concernerait que 3000 ID.4. Mais il est fort probable que le constructeur l’étende. C’est ce qu’il avait fait avec l’ID.3 : il avait annoncé baisser les prix pour 7000 voitures seulement, mais avait finalement appliqué la promotion à plus de 17 000 exemplaires face au succès rencontré.

Il est à noter que cette promotion à 18 500 € concerne seulement la version de l’ID.4 que Volkswagen fabrique avec son partenaire chinois FAW. Ce véhicule est dénommé ID.4 Crozz, et représente la moitié du volume de production. L’autre moitié est produite en partenariat avec SAIC, un constructeur étatique chinois, et s’appelle ID.4 X. Les différences entres les deux véhicules sont cependant minimes.

Malgré cette stratégie aggressive, Volkswagen reste loin derrière la concurrence sur le marché de l’électrique en Chine : le numéro 1 du secteur, BYD, a vendu plus de 145 000 véhicules électriques au mois d’août.

C’est l’une des nouveautés que Tesla a apportées sur sa nouvelle Model 3 restylée : le levier situé près du volant qui permettait de changer de vitesses a été supprimé, et la commande est maintenant placée sur l’écran tactile. Heureusement, le constructeur a prévu un « levier de vitesses » caché.

Cette nouvelle commande permet de pallier à une éventuelle panne de l’écran. En effet, pour sélectionner un mode de conduite sur la Model 3 restylée, il faut maintenant utiliser l’écran tactile, sur lequel la commande a été intégrée. Le système d’infotainment permet de choisir parmi quatre « vitesses » : Parking, marche arrière, point mort, et marche avant.

Mais si celui-ci venait à tomber en panne, les règles de sécurité imposent à Tesla de prévoir une solution alternative. Le constructeur l’a placée à un endroit incongru : au plafond, au-dessus de la console centrale. La commande est constituée de boutons capacitifs, qui ne se remarquent que lorsqu’on y prête attention, et permettent également de sélectionner P, R, N ou D.

La Model 3 restylée, ou Highland, n’est pas la première Tesla à utiliser ce système : c’était aussi le cas pour les modèles S et X. Mais ces boutons étaient placés dans des endroits plus accessibles, juste entre la console centrale et l’écran.

La position inhabituelle de ce « levier de vitesse » sur la Model 3 explique que la plupart des observateurs ne l’aient pas remarqué initialement lorsque la nouvelle version de la voiture a été dévoilée il y a deux jours.

Le fait que Tesla ait décidé de supprimer les leviers physiques sur le volant de la Model 3 marque une étape supplémentaire dans la digitalisation de ses voitures. Le but du constructeur est en effet d’utiliser le moins de pièces physiques possibles, pour éviter d’éventuelles pannes, limiter les coûts de fabrication, et rendre possible la mise à jour à distance des système contrôlant la voiture.

Cependant, cela pourrait ne pas plaire à tous les utilisateurs : la plupart d’entre eux restent attachés aux boutons physiques, qui sont jugés plus faciles et plus rapides d’utilisation, surtout lorsque la voiture est en mouvement.

En Chine, BYD augmente son avance sur la concurrence : le constructeur a vendu 145 000 voitures électriques au mois d’août, contre seulement 84 000 pour Tesla.

Les marques chinoises creusent l’écart avec Tesla : tous les plus gros constructeurs locaux ont annoncé des chiffres de vente conformes à leurs prévisions, ce qui va leur permettre de continuer à reprendre des parts de marchés aux constructeurs occidentaux, en difficultés dans l’empire du Milieu.

Les ventes de BYD au mois d’août ont ainsi augmenté de 8% par rapport au mois de juillet, avec 145 000 véhicules 100% électriques vendus, et 274 000 véhicules électrifiés au total.

Aion, Li Auto, Nio et Xpeng ont toutes atteint leurs objectifs

La marque Aion, filiale du groupe étatique GAC, représente le troisième plus gros volume, juste derrière Tesla : elle a livré 52 100 voitures, une performance remarquable pour un constructeur qui reste encore largement inconnu du grand public occidental.

La startup Li Auto s’est également démarquée en livrant 34 900 voitures électriques en août, ce qui est au-dessus de son objectif de 33 000 voitures par mois au troisième trimestre. L’augmentation par rapport au mois de juillet est cependant plus modeste, avec 2% seulement.

Nio, l’une des autres startups électriques qui rencontre un grand succès en Chine, a livré 19 300 voitures électriques en août, ce qui est également au-dessus de son objectif de 18 000 livraisons par mois.

Enfin, Xpeng, un constructeur qui s’est récemment allié à Volkswagen, arrive en sixième position, avec 13 700 voitures électriques livrées. Si ce chiffre peut paraître modeste, il s’agit cependant d’une augmentation de plus de 24% par rapport au mois de juillet, ce qui donne un aperçu de l’ampleur de la montée en cadence des constructeurs chinois dans l’électrique.

C’est cependant Tesla qui affiche la plus grosse croissance par rapport au mois de juillet, mais cela est dû à la sortie de la Model 3 restylée. L’entreprise d’Elon Musk avait en effet diminué les cadences dans ses usines afin de les préparer à la sortie de la nouvelle version de sa Model 3.

Voici le récapitulatif des livraisons 100% électriques en Chine au mois d’août :

#ConstructeurVentes / LivraisonsEvolution vs juillet
1BYD145 000+8%
2Tesla84 000+30%
3Aion52 100+15%
4Li Auto34 900+2%
5Nio19 300-6%
6Xpeng13 700+24%

Les constructeurs étrangers vont donc devoir réagir s’ils veulent rester implantés en Chine. Ce marché est crucial : il représente les plus gros volumes mondiaux pour l’industrie automobile.

Les marques historiques telles que Volkswagen devront mettre les bouchées doubles dans l’électrique si elles veulent se maintenir : en effet, la part de marché de l’électrique est déjà de 24% en Chine, contre seulement 17% en France.

Le temps où les constructeurs européens et américains pouvaient facilement s’imposer est révolu : les moteurs thermiques, plus complexes à fabriquer, leurs permettaient de conserver une avance technologique. Celle-ci ayant disparu, ils devront faire preuve d’ingéniosité et surtout de rapidité pour faire face aux startup chinoises.