L’eVTOL chinois Ehang obtient sa certification, une première mondiale

13 octobre 2023 - 17h29 -

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La CAAC, l’autorité chinoise de l’aviation civile, a délivré aujourd’hui son certificat de type à l’Ehang EH216, un taxi volant de type eVTOL qui pourra emporter deux passagers en mode autonome.

Il s’agit d’une première mondiale : de nombreuses entreprises à travers le monde se sont lancées dans la conception d’eVTOLs (Vertical Take-Off and Landing), mais Ehang est la première à recevoir cette certification. Cela va permettre à cette entreprise basée à Guangzhou de débuter rapidement des vols commerciaux.

Suite à l’annonce de cette certification, le cours de bourse d’Ehang, qui est cotée aux Etats-Unis, a été temporairement suspendu. Il a ensuite repris pour ouvrir en hausse de 17%. Le cours d’Ehang avait déjà été multiplié par plus de quatre lors de la dernière année, les investisseurs ayant anticipé l’obtention d’un certificat de type.

Ehang va utiliser son eVTOL pour des vols commerciaux

Ehang avait auparavant annoncé qu’elle avait conclu un partenariat avec la société chinoise Xiyu Tourism. Cette entreprise proposera bientôt des vols touristiques à bord des eVTOL EH216, lors desquels des passagers pourront découvrir les paysages chinois à basse altitude. Aucun pilote ne sera à bord de l’appareil, celui-ci étant dirigé en mode 100% autonome.

En plus de ce projet, Ehang a déjà reçu plus de 1200 commandes pour son drone électrique. Elle prévoit par ailleurs de s’étendre en Europe et aux Etats-Unis. Grâce à ce succès en Chine, elle pourra sans doute obtenir plus facilement sa certification auprès de l’EASA et de la FAA, leurs agences respectives de l’aviation civile.

Ehang pourra mettre en valeur son bilan impeccable en matière de sécurité : bien qu’elle ait transporté de nombreux passagers au cours des essais de l’EH216, l’entreprise n’a pour l’instant connu aucun incident important.

La course à la certification des taxis volants est lancée

Si la certification de l’EH216 revêt une telle importance, c’est que la compétition est rude dans le domaine des eVTOL. D’autres sociétés majeures cherchent également à obtenir ce sésame le plus rapidement possible, afin d’obtenir l’accès à un marché représentant potentiellement des dizaines de milliards d’euros.

C’est le cas de Volocopter, une entreprise allemande qui prévoit de réaliser des vols à bord de son eVTOL VoloCity lors des jeux olympiques 2024 à Paris. Elle souhaite lancer un service de taxis volants entre l’aéroport Charles-de-Gaulle et les différents sites des JO, mais est pour l’instant en attente de certification avant de pouvoir proposer des vols commerciaux en drone autonome.

On peut également citer le constructeur américain Joby Aviation, qui propose un véhicule de plus grande taille pouvant accueillir un pilote et quatre passagers, et qui disposera d’ailes lui permettant d’évoluer à plus grande vitesse. Cet eVTOL ne sera donc pas autonome, contrairement à ses concurrentes, ce qui lui permettra peut-être d’obtenir une certification plus facilement.

Le jour où les taxis volants deviendront communs dans nos villes n’est peut-être pas loin : le PDG d’Ehang prédit que cette nouvelle forme de mobilité connaîtra un fort développement dans les cinq prochaines années.

Les obstacles seront cependant nombreux : la taille et le poids des batteries constituent pour l’instant une forte limitation à l’autonomie et à la charge que peuvent emprunter les taxis volants.

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