Au Japon, la voiture électrique la plus vendue est une citadine cubique à 13 000 €

25 octobre 2023 - 17h23 -

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Le Japon n’est pas connu pour son avance dans le domaine de la voiture électrique : ses constructeurs automobiles ont toujours été réticents à l’adopter. Cependant, une mini-voiture cubique électrique fait parler d’elle dans le pays : la Nissan Sakura y fait un carton inattendu.

D’après des données collectées par Bloomberg, cette petite voiture est de loin le modèle électrique qui s’est le plus vendu au pays du Soleil Levant en 2023 : elle représente pour l’instant près de la moitié des ventes, avec plus de 35 000 exemplaire écoulés. La Nissan Sakura a pourtant été dévoilée il y a à peine plus d’un an.

Nissan a développé la Sakura en partenariat avec Mitsubishi, qui la vend également sous le nom de eK X. Ces deux modèles ont remporté conjointement le titre de voiture de l’année 2022 au Japon.

Les mini-voitures cubiques, un succès au Japon depuis les années 90

Les dimensions de cette voiture la placent dans une catégorie bien à part, et typique du Japon : les Kei Cars, des mini-voitures cubiques abordables et pratiques à utiliser en milieu urbain. Ces voitures ont toujours eu du succès au Japon, car elles bénéficient de crédits d’impôts de la part du gouvernement. En 2020, elles représentaient plus de 37% des ventes. Pour être inscrites dans la catégorie des Kei Cars, les voitures doivent mesurer moins de 3,40 mètres de long et avoir un moteur peu puissant.

Voici ce qui explique en partie le succès de la Nissan Sakura : bien qu’il s’agisse d’une Kei Car, ses performances n’ont pas à rougir face à celles d’une voiture de taille normale. Son accélération est excellente, elle peut atteindre les 130km/h, et elle dispose d’une autonomie de 180 km, ce qui est largement suffisant pour les déplacements du quotidien en ville. Grâce à sa petite batterie, elle peut être rechargée en une nuit sur une prise électrique normale.

De plus, son prix la rend extrêmement attractive, même pour une voiture électrique : elle est proposée à partir de 2 millions de Yens, soit seulement 12 600 €.

Le succès à donc été immédiat : depuis le début de l’année, la Nissan Sakura a pulvérisé tous les records de vente pour une voiture électrique. Elle a représenté tous les mois près de la moitié des ventes électriques, très loin devant Tesla. Bloomberg a compilé les données de ventes sur ce graphique : la domination de la Sakura est totale.

Le Japon est toujours en retard sur l’électrique

Notons cependant que le marché de la voiture électrique est très peu développé au Japon : ce mode de propulsion ne représentait que 1,5% des ventes en 2022, bien loin de la France qui se situait aux alentours de 17%.

En effet, les constructeurs japonais majeurs ont tardé à investir dans l’électrique, à l’image de Toyota, qui vient seulement de lancer ses premiers modèles électriques de masse. Le Japon possédait une avance considérable dans les années 2010, puisqu’il avait été pionnier des modèles électrifiés, par exemple avec la Toyota Prius. Il n’a cependant pas su transformer ce succès précoce en domination technologique.

Mais Nissan compte bien surfer sur l’engouement pour la Sakura : le constructeur prévoit de lancer 19 modèles électriques d’ici 2030. Il compte également lancer en 2028 les premiers modèles équipés de batteries à l’état solide, qui permettront de faire gagner un poids considérable aux voitures, à autonomie égale.

Malheureusement, Nissan n’a prévu de lancer ni la Sakura ni d’autres Kei Cars sur le marché européen : en effet, ces petites voitures citadines ne respectent pas les normes européennes en matière de crash tests. On pourrait cependant imaginer que l’Europe adapte sa réglementation pour importer de telles mini-voitures chez nous : elles seraient idéales pour les usages d’une grande partie de la population, et pourraient accélérer la transition énergétique grâce à leurs prix abordables.

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